Description du projet Liewenshaff à Merscheid

 

 

Päerd's Atelier ASBL

Président: M. Jean Fetz

BP 2788

244, route de Trèves

L-2630 Luxembourg

Tel.: 48 08 96

Fax: 48 34 28

e-mail: paerds@pt.lu

 

 

Centre Propédeutique et Professionnel "Liewenshaff"

Chargé de direction: M. Yves Weisen,

32, Duerfstross

L-9165 Merscheid

Tel: 89 94 20, 26 88 92 05

Fax: 89 94 23

e-mail: liewenshaff@pt.lu

http://www.liewenshaff.lu

 

 

 

1. Public cible

 

1.1. Limites d’âge

 

Les jeunes, garçons et filles, sont admis au plus tôt après l'obligation scolaire de neuf ans. Ils peuvent faire une demande pour un projet quand ils ont entre 15 et 19 ans. La durée du projet est normalement de trois ans, ce qui met une limite d'âge vers le haut d’ environ 22 ans. Néanmoins il n'y a pas de limites rigides, tout dépend des cas individuels.

 

1.2. Nombre de jeunes concernés 

       

Effectif  du projet: 20 jeunes

 

1.3. Profil des jeunes

 

Les jeunes qui sont pris en charge au Liewenshaff ont tous comme caractéristique distinctive d'avoir des problèmes de comportement. Souvent, ils sont déjà passés par d'autres structures de prise en charge, qui n'ont pas constitué une solution pour eux. Ces jeunes ont souvent déjà une série d'échecs derrière eux (au niveau de l'école, de l'activité professionnelle, de mesures de réinsertion, des Centres socio-éducatifs de l'Etat de Dreiborn/Schrassig, des Cours d’Orientation et d’Initiation Professionnelles-CNFPC, etc.). Le Centre Propédeutique et Professionnel Liewenshaff apparaît souvent comme une dernière chance pour eux.

Ce sont des jeunes qui sont en général trop difficiles pour être accueillis dans des groupes de plus grande taille et qui ont besoin d'un accompagnement très individualisé.

Le niveau scolaire va de l'analphabétisme complet à la réussite de quelques modules dans le régime préparatoire. La plupart des jeunes a juste terminé les neuf années de leur scolarité obligatoire, sans aucun diplôme.

Le passé de ces jeunes a souvent été très chaotique (problèmes avec la justice, vols, vandalisme, toxicomanie, problèmes avec la famille, problèmes avec le foyer, etc.).

Par ailleurs, un certain nombre de ces jeunes présentent plutôt un profil d'éternelle victime, donc ce sont ceux qui servent régulièrement de boucs émissaires aux autres.

 

1.4. Mode de repérage et de recrutement

 

Le recrutement se fait sur une base volontaire, le seul critère étant l'existence de problèmes de comportement sous une forme ou une autre. Il n'y a pas de pré requis scolaire. Le contact se fait surtout par le biais de professionnels du secteur psycho-socio-médico-éducatif : assistants sociaux, écoles, Services de Psychologie et d'Orientation Scolaires (SPOS), centres médicaux, Centres socio-éducatifs de l'Etat, maisons de jeunes, etc.

Un autre mode de recrutement est constitué par le fait que les médias parlent régulièrement du projet, soit du volet insertion, soit de tout le volet des activités culturelles et artistiques (expositions, concerts, animations, marché de Noël, etc.), ce qui suscite de nouvelles demandes.

Les demandes d'admission des jeunes sont examinées par une Commission Médico-Psycho-Pédagogique et Sociale (CMPPS) propre au projet, comprenant un médecin, un psychologue, un pédagogue et un assistant social, qui sont tous extérieurs à l'ASBL. Si cette commission reconnaît le fait qu'il y ait bien un réel problème de comportement et donne son feu vert, le jeune fait une visite guidée avec les parents ou avec l'assistant social (éducateur, instituteur…). Si le jeune marque son intérêt, il fait une demande par écrit à la CMPPS, qui fera un entretien avec le jeune et qui décidera alors de son admission à la période d'essai.

Dès qu'il y a une place, le jeune fait un stage d'observation de cinq semaines, où il est intégré à titre d'essai dans le groupe, où il participe au travail dans les cinq modules (cuisine, agriculture, horticulture, atelier fer et nettoyage industriel) et aux formations générales (lire, écrire, calculer, etc.).

Après ces cinq semaines, un rapport est rédigé à destination de la CMMPS, qui décidera d'une admission définitive en tant qu'élève. A ce moment de la discussion, d'autres éventualités (école, CNFPC, Centres socio-éducatifs de l'Etat, etc.) sont également envisagées afin de déterminer si le Liewenshaff est effectivement la meilleure solution pour le jeune.

Le recrutement peut se faire tout au long de l'année et n'est pas nécessairement lié à l'année scolaire. En effet, vu les caractéristiques de ces jeunes, il ne serait pas opportun de les faire éventuellement attendre des mois avant de pouvoir les admettre.

 

1.5. Statut des jeunes

 

Les jeunes ont un statut d'élève, les parents continuent à recevoir les allocations familiales. Les jeunes reçoivent une indemnité  qui leur permet notamment d'apprendre à gérer l'argent.

Leur séjour leur est toujours présenté comme du travail, les jeunes reçoivent par exemple une feuille de paie, ce qui contribue à les préparer à une insertion professionnelle future. La progression dans le montant du salaire les valorise également et est pour eux une incitation à continuer.

 

2. Structure et organisation

 

2.1. Organisation du dispositif

 

Le projet Liewenshaff a été initié par Päerd's Atelier ASBL, qui est une association sans but lucratif. Le conseil d'administration de l'ASBL décide les grandes orientations.

L'association a une convention avec le Service de l'Education différenciée du Ministère de l'Education nationale, de la Formation professionnelle et des Sports (MENFPS) lui donnant le statut de Centre propédeutique, quoique Liewenshaff reste une structure privée et ne fait pas partie de la structure officielle de l'Education différenciée, elle fait partie du secteur conventionné. Il s'agit donc d'une structure parastatale qui prend en charge des jeunes qui ont des problèmes de comportement, mais uniquement sur une base volontaire.

Le personnel est subdivisé en trois groupes. Le personnel éducatif constitué d’ une équipe pluridisciplinaire qui comprend des éducateurs gradués, avec un chargé de direction et un chargé de direction adjoint, une assistante sociale, une psychologue et une institutrice. C'est cette équipe qui gère le projet. Les éducateurs instructeurs sont des professionnels (maîtres artisans) en charge de la formation dans le cadre des cinq modules. Les ouvriers (qui sont parfois d'anciens élèves) assurent le fonctionnement et l'entretien de l'infrastructure, les soins aux animaux, etc.

La formation, qui est à la fois pratique et théorique, est assurée en concertation entre les éducateurs gradués, les éducateurs instructeurs et l'institutrice.

Les élèves peuvent être internes (maximum 7 jeunes, internat ouvert pendant la semaine et durant la période scolaire) ou bien externes. Il y a quelques studios, où des jeunes peuvent vivre durant la phase de transition pendant laquelle ils travaillent déjà à l'extérieur, avant de quitter définitivement le dispositif.

Par ailleurs, l'association organise toute une série d'autres activités, mais qui sont toujours utilisées pour permettre aux jeunes de travailler, d'apprendre, de mettre en pratique ce qu'ils ont appris et de trouver des débouchés pour leurs produits. Il s'agit d'activités culturelles (concerts, expositions, marchés de Noël), touristiques (gîte d'étape, colonies de vacances), sociales (stages et séminaires) et productives (agriculture, horticulture, nettoyage industriel).

 

2.2. Infrastructure disponible

 

La principale infrastructure disponible est la ferme Liewenshaff (souvent encore appelée Päerd's Atelier) à Merscheid, qui a été transformée au fil des ans en un centre ‘multi-usages’ (lieu de vie; centre de formation et d'insertion; centre d'activités culturelles et de loisirs; gîte d'étape; lieu de stages et de séminaires; entreprise agricole, horticole et d'élevage d'animaux).

Les lieux comprennent notamment: un internat pour 7 élèves, 3 studios, une salle de séjour, une cuisine, un restaurant, les ateliers de ferronnerie, un hangar, un laboratoire pour nettoyage industriel, des écuries pour les chevaux de traits, des chevaux de voltige et des poneys, des locaux pour les différents autres animaux (âne, poules, cochons, dindes, etc.) un jardin, un parc, des prairies, des bois.

Le Liewenshaff est situé dans un tout petit village, sans cafés ni magasins. Cet isolement relatif a également un effet positif sur les jeunes.

 

2.3. Durée des parcours de formation/insertion

 

La durée est en principe de trois ans, sans que celle-ci soit fixée de façon rigide. Tout dépend des cas individuels.

 

2.4. Base légale et réglementaire

 

La principale convention a été signée avec le Service de l'Education différenciée du MENFPS lui donnant le statut de Centre propédeutique, quoique Liewenshaff reste une structure privée et ne fait pas partie de la structure officielle de l'Education différenciée. Elle fait partie du secteur conventionné.

Diverses autres conventions ont été conclues avec le Ministère de la Famille, de la Solidarité sociale et de la Jeunesse; le Ministère de l'Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural; le Ministère de la Culture, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

 

3. Collaboration avec le monde économique et scientifique

 

3.1. Collaboration avec le monde économique

 

Cette collaboration se fait surtout pour l'organisation de stages externes (voir point 8).

 

3.2. Collaboration avec le monde scientifique

 

- Formation & supervision

- organisation des colloque

- collaboration avec d’ autre centres et écoles

 

4. Remotivation

 

4.1. Activités de remotivation avant et durant la formation

 

Au début, la motivation des jeunes est souvent limitée, surtout s'ils ont l'impression d'avoir été poussés par les parents ou par le foyer. Le principal problème qui apparaît alors est l'absentéisme, qui se manifeste surtout le lundi matin.

 

4.2. Modalités de ces activités

 

Face à l'absentéisme, la principale stratégie est d'aller chercher le jeune là où il est (grandes surfaces, cafés, gares, famille d'origine, etc.). On emploie souvent des méthodes non orthodoxes, rapides, non bureaucratiques et à l'exclusion d'autres instances externes, car les moyens dits "normaux" ont déjà tous été essayés sans succès avec ces jeunes.

Par ailleurs, le personnel encadrant entretient un contact très étroit avec le jeune, et la situation très isolée de la ferme ne permet pas beaucoup d'échappatoires vers l'extérieur. Cet encadrement très proche confronte le jeune avec des limites, ce qui fait que souvent il se restructure et se sent aussi pris plus au sérieux. Le jeune sent qu'on s'occupe de lui et qu'on s'intéresse à lui.

Avec les jeunes qui ont plus un profil de victime ou de bouc émissaire, l'équipe prend systématiquement au sérieux leurs plaintes et intervient pour le rétablir dans ses droits s'il y a lieu, ce qui l'aide à sortir progressivement de ce rôle invalidant.

Par ailleurs, un suivi individuel à la demande du jeune se fait avec l'assistante sociale ou la psychologue. Un premier entretien obligatoire a lieu pour connaître ces deux personnes, pour perdre l'inhibition de s'adresser à elles. Après cette première rencontre, le suivi est volontaire, il s'agit pour le jeune d'avoir une personne de référence avec laquelle il peut parler qui maintient la confidentialité de ce qui est exprimé au cours de l'entretien. En outre des réunions de jeunes mensuels sont organisés par la psychologue et les éducateurs. Ces réunions permettant aux jeunes à verbaliser des situations de conflits, à mettre en mots des affects souvent exprimés par des passages à l’acte.

 

4.3. Personnel responsable pour ces activités

 

On agit de façon rapide, non bureaucratique, si possible à l'exclusion d'autres instances externes (juges, police, etc.). Donc, ce sont soit les éducateurs gradués, soit les éducateurs instructeurs qui interviennent, selon les cas individuels.

 

5. Formations

 

5.1. Contenus des formations

 

La majeure partie du temps se passe en travail pratique, dans les infrastructures de l'association. Une initiation professionnelle se fait par le biais de cinq modules (Atelier de fer, Horticulture, Agriculture et animaux, Restauration et gîte d'étape, Hygiène et nettoyage industriel) qui sont organisés dans le cadre des infrastructures du Liewenshaff. Les jeunes choisissent un des cinq modules.

- Le module "Atelier de fer" vise à faire acquérir les compétences de base dans le travail du métal (découpe, soudure, serrurerie, etc.). Les objets fabriqués sont par exemple : des chandeliers, des grillages, des rampes d'escalier, des objets décoratifs divers, etc.). Ces objets servent soit à l'usage propre du jeune, soit à améliorer l'infrastructure du Liewenshaff, soit parfois en échange avec d’autres associations sociales. Le but de cette dernière possibilité n'est pas de faire du bénéfice, mais de valoriser le travail du jeune.

- Le module "Horticulture" porte sur des activités comme les travaux dans les bois, l'entretien du  parc et de potagers, l'entretien des outils, le travail dans la serre, le compost et le ‘mulch’, la culture et la récolte de légumes, l'aménagement des jardins. Les récoltes sont destinées à la cuisine, et le jeune voit ainsi l'utilité pratique de son travail.

- Le module "Agriculture et animaux" comporte le soin donné aux animaux (surtout les chevaux, dont le contact semble avoir un effet thérapeutique), l'usage et l'entretien des machines agricoles, le travail à la ferme, la culture des champs, l'offre de tourisme à la campagne. Les activités permettent de produire des aliments pour la cuisine, pour les colonies de vacances et à organiser des activités touristiques avec les visiteurs.

- Le module "Restauration et gîte d'étape" vise à faire apprendre la préparation des repas, l'hygiène alimentaire, le service à table, le nettoyage et le rangement du matériel de cuisine. Les apprentissages se font en lien direct avec le jardin et la ferme.

- Le module "Hygiène et nettoyage industriel" porte sur les produits d'entretien, les machines de nettoyage et leurs accessoires, l'entretien des locaux, le nettoyage industriel, l'hygiène et la sécurité.

Des formations générales (lire, écrire, calculer, éducation civique, connaissances générales, etc.) sont également organisées par une institutrice, qui travaille de façon très individualisée, en fonction des acquis et du rythme de progression des jeunes.

 

5.2. Objectifs des formations

 

L'objectif principal de la formation est l'amélioration et la stabilisation du comportement des jeunes, aussi bien au niveau du comportement social que du comportement professionnel. Ils apprennent par exemple la ponctualité, la régularité, la précision, le rythme de travail, l'initiative à la tâche, la motivation, la collaboration avec les autres, l'obéissance aux règles, etc.

L'objectif des formations générales (lire, écrire, calculer) est également de donner des bases à une future intégration sociale et professionnelle. Le but final est de former des personnes qui pourront intégrer un emploi salarié de travailleur non qualifié, dans des conditions normales.

 

5.3. Grilles horaires

 

La prise en charge des jeunes se fait durant la période scolaire (en semaine à l'exclusion du week-end, durant les périodes de scolarité à l'exclusion des vacances scolaires - sauf pour ceux qui font un stage en interne).

Les jeunes ont l'horaire de travail normal (environ 40 heures par semaine), de 9.00 à 17.30 heures, dans les différents ateliers, le jardin, les bois ou sur les champs.

Durant quelques heures par semaine, ils participent aux formations générales données par l'institutrice.

 

6. Méthodes didactiques

 

6.1. Méthodes didactiques utilisées

 

Dans les ateliers et autres lieux de travail, les méthodes sont simples : montrer, faire, imiter, répéter jusqu'à la maîtrise des gestes. Mais il y a de fait aussi beaucoup de théorie qui intervient durant la formation, par exemple si on veut couper un morceau de métal en deux pièces égales, on fait calculer la longueur avant. Autre exemple, le travail avec le métal implique de connaître les noms des différents métaux, le travail en nettoyage industriel nécessite la connaissance des différents produits chimiques. Donc, il y a le plus possible un lien qui est établi entre la théorie et la pratique, mais en partant surtout de la pratique.

L'avantage de ces apprentissages quotidiens en atelier, c'est que le jeune ne les perçoit pas comme de l'école et que les vieux schémas de rejet ne sont plus activés. Il apprend un peu sans se rendre compte qu'il apprend, puis progressivement il y prend goût et veut progresser. Chaque fois qu'il réussit quelque chose de visible pour lui et les autres, cela renforce son sentiment de compétence.

Un élément positif très important est aussi le fait qu'on ne produise en principe pas d'objet qui va ensuite à la poubelle, comme c'est encore souvent le cas à l'école. Les réalisations des jeunes servent au Liewenshaff, sont utilisés par eux-mêmes ou sont même parfois vendus sur le bazar (kermesse, fête de Noël…). Tout cela valorise le jeune.

Les formations générales données par l'institutrice sont organisées en individuelle ou en petit groupe de deux ou trois élèves. Il s'agit donc de méthodes très individualisées, adaptées aux acquis et à la progression des élèves. L'institutrice adapte également les contenus enseignés en fonction des besoins qui émergent dans les modules (par exemple la division porte sur la découpe de barres de fer, etc.). Elle travaille aussi beaucoup avec l'ordinateur, ce qui est un élément neuf et donc intéressant pour les jeunes. Certains contenus ont également un lien avec l'insertion socioprofessionnelle (remplir des virements, lire une fiche de paie, rédiger un CV, etc.).

 

7. Encadrement

 

7.1. Méthodes d'encadrement des apprenants

 

L'encadrement se fait au jour le jour par les éducateurs instructeurs, sur les différents lieux de travail. Les éducateurs gradués interviennent surtout pour tout ce qui est encadrement éducatif.

L'institutrice prend en charge des formations générales dans les matières scolaires (lire, écrire, calculer, éducation civique, connaissances générales, etc.).

 

7.2. Suivi des apprenants pendant la mesure

 

Un suivi individuel à la demande du jeune se fait avec l'assistante sociale ou la psychologue. Un premier entretien obligatoire a lieu pour connaître ces deux personnes, pour perdre l'inhibition de s'adresser à elles. Après cette première rencontre, le suivi est volontaire, il s'agit pour le jeune d'avoir une personne de référence avec laquelle il peut parler qui maintient la confidentialité de ce qui est dit. En principe chaque jeune passe en entretient individuel tous les 15 jours avec la psychologue. Même si les entretient ne sont pas obligatoires, il est rare que les jeunes n’y aillent pas. La psychologue propose également des entretient de groupes fixes de 5 jeunes, une fois par semaines. Ces groupes se rencontrent pendant un à deux trimestre et permettent aux jeunes d’établir des liens plus profonds avec les autres, d’échanger autour de leurs problèmes et de se soutenir mutuellement. En outre que d’autres jeunes ont des difficultés similaires leur permet de se sentir moins capable, moins sana valeur, moins aussi de solidariser et apprendre à se mettre dans la peau de l’autre.

La CMMPS joue également un rôle de suivi important, parce que c'est une instance externe, qui peut amener de nouvelles idées et qui jette un regard externe sur le fonctionnement quotidien de l'institution.

On constate qu'en pratique, environ 70 à 80 % des jeunes qui commencent leur parcours au Liewenshaff, vont effectivement jusqu'au bout.

 

7.3. Suivi des apprenants après la mesure

 

Un suivi est organisé par l'assistante sociale après la sortie des jeunes. Environ 40 jeunes ont jusqu'à présent fait le parcours complet au Liewenshaff. Il n'y a pas de chiffres précis concernant leur parcours ultérieur, mais la plupart reprennent contact de temps en temps. Chaque année environ 3 à 4 jeunes sont placés sur le premier marché de l'emploi comme ouvriers non qualifiés, avec des contrats de travail tout à fait normaux. Quelques anciens élèves ont intégré un apprentissage pour le Certificat d'Initiation Technique et Professionnelle (CITP) ou le Certificat de Capacité Manuelle (CCM).

 

8. Stages

 

8.1. Durée des stages

 

La durée des stages varie d'un jour à deux mois, l'objectif étant d'augmenter progressivement la longueur des stages. Il y a d'abord des stages internes de durée croissante, puis des stages externes. Cette progression sert à éviter les échecs et à habituer les jeunes à des phases d'autonomie de plus en plus longues (par exemple : faire la cuisine pour une soirée, puis pendant les vacances de la Pentecôte, puis une semaine à l'extérieur, puis un mois à l'extérieur).

 

8.2. Lieux de stage

 

Des stages internes sont organisés au cours de la deuxième année, durant les vacances scolaires, dans les infrastructures du Liewenshaff. Le but de cette organisation de stages durant les vacances est de les habituer à un rythme de travail plus soutenu, afin de les préparer aux horaires de travail normaux. Durant ces stages, il s'agit de travailler à l'accueil de personnes externes qui viennent pour des colonies de vacances ou des fêtes. Les stages internes sont rémunérés comme étudiants.

Si ce stage a réussi, un stage externe est organisé à la fin de la deuxième ou au cours de la troisième année. Les lieux de stage sont recherchés si possible en fonction du module qui a été fait, mais peuvent également être sans lien avec ce module.

Il y a beaucoup de bouche à oreille qui joue dans la recherche de places de stages. Ce sont souvent des patrons qui sont socialement engagés.

 

8.3. Encadrement des stagiaires

 

L'encadrement se fait par l'éducateur instructeur responsable du module, l’assistante sociale et par un éducateur gradué, qui se rendent sur place avec le jeune. Il y a des entretiens de l'éducateur instructeur avec le patron, afin de préciser les tâches possibles durant le stage. L'assistante sociale clarifie les questions sociales, et finalise le contrat. Des contacts téléphoniques entre le patron et l'éducateur gradué sont possibles tout au long du stage, afin de rendre possible une intervention rapide en cas de nécessité.

 

8.4. Evaluation des stagiaires 

 

Une fiche d'observation est remplie une fois par semaine, celle-ci reprend des éléments de comportement social et d'efficacité professionnelle.

 

8.5. Suivi des stagiaires 

 

Le suivi qui est prévu tout au long du parcours de trois ans continue durant la période de stage.

 

8.6. Lien avec l'ADEM

 

Certaines places de stage sont parfois communiquées par l'ADEM, mais c'est rare, car les jeunes en question ne sont pas faciles à placer.

 

8.7. Lien avec le marché de l'emploi

 

Le but des stages est surtout de placer le jeune comme ouvrier non qualifié sur le premier marché de l'emploi.

Un patron peut avoir intérêt à engager ce type de jeune, parce qu'il sera en mesure de faire un certain travail (soudure par exemple) pour lequel il devrait payer beaucoup plus cher un ouvrier avec un Certificat d'Aptitude Technique et Professionnelle (CATP). En même temps, au Liewenshaff, les jeunes ont appris une certaine flexibilité qui peut être appréciée par un employeur.

 

9. Evaluation et certification

 

9.1. Evaluation des apprenants

 

Un rapport annuel de chaque jeune est établi. Ce rapport indique les objectifs, l'évolution du jeune, un diagnostic psychosocial, un curriculum vitae, un bilan des acquis de formation dans chacun des modules selon un ensemble de critères d'évaluation mis au point au Liewenshaff (par exemple : sait le faire avec l'aide de l'instructeur, sait le faire seul, etc.).

 

9.2. Modalités de cette évaluation

 

Ce rapport est préparé au cours d'une réunion collective de toute l'équipe (éducateurs gradués, éducateurs instructeurs, psychologue, assistante sociale), l'évaluation des compétences techniques étant faite à part par l'éducateur instructeur, selon son appréciation personnelle du travail du jeune.

 

9.3. Personnel responsable de cette évaluation 

 

Toute l'équipe, excepté pour l'évaluation technique qui est faite par l'éducateur instructeur.

 

9.4. Qualifications possibles

 

Il s'agit de former des personnes qui pourront intégrer un emploi salarié de travailleur non qualifié, dans des conditions normales. Pour une minorité de jeunes, la possibilité d'une préparation à un apprentissage CCM ou CITP existe également.

 

9.5. Certifications possibles

 

Il y a un certificat de participation qui est établi par le Liewenshaff. Ce certificat n'a pas de valeur légale, mais documente les acquis du jeune. Ce document reprend la durée, le module qui a été suivi et un bilan détaillé selon les critères d'évaluation.

 

10. Personnel

 

10.1. Différents profils du personnel

 

Les personnes qui travaillent de façon régulière avec les jeunes sont : les trois éducateurs gradués, les cinq éducateurs instructeurs qui sont en charge de la formation des modules (cuisinier, paysagiste, serrurier, technicien), l'institutrice, la psychologue, l'assistante sociale, ainsi que les ouvriers.

 

10.2. Formation des formateurs et du personnel d'encadrement

 

Les éducateurs gradués, l'institutrice, la psychologue et l'assistante sociale ont eu la formation initiale habituelle de ces métiers.

Les éducateurs instructeurs ont un brevet de maîtrise, ceux qui sont les plus anciens ont fait l'ancienne formation "éducateur instructeur" du MENFPS.

Il y a une formation continue du personnel qui est organisée en interne. Par ailleurs, le personnel est supervisé régulièrement par an par différents formateurs

Le contrat de travail prévoit également 40 heures de formation continue externe par an, ces heures étant choisies parmi les formations organisées à l'extérieur, en fonction des besoins du personnel et de l'institution.

 

10.3. Recrutement des formateurs et du personnel d'encadrement

 

Le recrutement se fait par le comité restreint de l'ASBL, avec un représentant du MENFPS (Service de l'Education différenciée). Le critère principal est, outre la formation initiale dans la profession recherchée, la disposition de travailler avec un public de jeunes en difficultés.

 

10.4. Spécificités des formateurs en tant que formateurs d'adultes

 

Il faut avoir un esprit ouvert pour changer quelque chose, ne pas être braqués sur des horaires stricts, être prêt à travailler dans un cadre moins structuré et plus exigeant. Le formateur doit aussi être prêt à payer de sa personne, car c'est un travail qui peut souvent interpeller la personne au niveau le plus personnel